Technologies de transport et de bureaucratisation sur le fleuve Congo (RDC)

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Peter Lambertz

Le projet étudie les baleinières Congolaises (bateaux de transport en bois) ainsi que des pratiques bureaucratiques dans le domaine du transport fluvial en République Démocratique du Congo. Même si une grande partie du transport est organisée de manière  »informelle«, il opère néanmoins en fonction de pratiques logistiques et bureaucratiques, qui sont ancrées dans les histoires coloniale et postcoloniale. Inspiré par l’anthropologie de l’infrastructure et de la technologie, qui considère des artefacts technologiques comme étant des participants non-humains dans des relations sociales, l’hypothèse de travail est que l’informalité repose sur l’usage vernaculaire de technologies bureaucratiques, à travers desquelles une »éthique de l’informalisation« est cultivée, maintenue et instituée. Font partie de l’assemblage technologique étudié des carnets/registres, des stylos, des tickets, des techniques de calcul, des procédures de pesage, voire d’estimation du poids, des mètres de carburant, des sacs et des cadenas (mesures de sécurité), ainsi que toute la palette de l’infrastructure navale et portuaire. Des innovations technologiques récentes (comme l’appropriation d’engins Diesel à deux-temps d’origine Chinoise, le téléphone portable, l’argent digital, des panneaux solaires, etc.) ont engendré des transformations importantes dans le domaine de la bureaucratie vernaculaire.

(Dé-)Bureaucratisation des noms de bateau sur le fleuve Congo: Entièrement construites en bois et propulsées par des moteurs Diesel Chinois à deux-temps, les baleinières Congolaises sont des technologies de transport qui regorgent de la créativité et de l’ingéniosité locale. À l’époque coloniale et postcoloniale les noms de bateaux furent standardisés selon un ordre bureaucratique strict : les bateaux portaient des noms belges dont la première lettre reflétait la série voire la fonction du bateau. A la suite de la Zairianisation (1971), les courriers « Gouverneur Costermans » et « Gouverneur Moulaert » devinrent « Colonel Kokolo » et « Colonel Tshatshi », par exemple, tandis que les remorqueurs « Eupen » et « Elsenborn » devinrent « Ezeze » et « Euli » (Lederer 1973: 120). Aujourd’hui l’octroi des noms a été largement dé-bureaucratisé, comme en témoigne la baleinière « HB Ville Habitable ».

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