La circulation des armes à feu en Afrique Occidentale française 1835-1958

Sané Sokhna, La circulation des armes à feu en Afrique Occidentale française 1835-1958, Paris et Dakar, Karthala et CREPOS, 2008, 280 p.

Après les temps de la traite atlantique et de la conquête coloniale, durant lesquels aucun État n’a échappé au cycle de la violence, vint le temps du pouvoir colonial où le contrôle de la circulation des armes à feu fut un combat pour la survie de l’État. En effet, la maîtrise des armes à feu pemettait de contrôler la le pouvoir politique qui commandait “la mise au travail” des groupes subordonnés et la maîtrise de l’économie.

Le livre de Sokhna Sané montre que la France a adopté dans les territoires soumis à son administration des méthodes parfois différentes de celles des autres puissances colonisatrices. Elle dut souvent modifier les règlements et prendre de nouvelles dispositions, au gré de situations changeantes : désarmement des populations, restrictions parfois totales au commerce des armes, lutte renforcée contre la contrebande. L’ouvrage évalue les actions entreprises entre 1834 et 1958 pour réglementer la circulation des armes à feu et des munitions en Afrique occidentale française. La France a adopté des méthodes parfois différentes de celles des autres puissances colonisatrices, pour réglementer en ce domaine dans les territoires soumis à son administration. . Elle dut souvent modifier les règlements et prendre de nouvelles dispositions : désarmement des populations, restrictions parfois totales au commerce des armes, lutte progressivement renforcée contre la contrebande. Après plus d’un siècle de tâtonnements et de recherche acharnée de la meilleure formule, le système mis en place a pu ainsi être considéré à l’aube des indépendances comme une réussite.

Sokhna Sané décrit bien, sur la base d’une documentation consistante, comment le contrôle des armes à feu a mobilisé des moyens énormes et croissants et suscité des collaborations aux niveaux local, régional et international, tout en mettant en œuvre des méthodes plus ou moins efficaces. Elle montre aussi, de belle manière, que l’histoire peut offrir des références pour faire face aux problèmes posés aujourd’hui dans cette sous-région par la circulation d’armes plus redoutables qu’autrefois.

Sokhna Sané est enseignante-chercheure à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Elle a publié des articles sur les armes à feu. Ses recherches actuelles portent sur les relations entre l’État et la culture.

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